Sa redécouverte eut lieu en 1748, sous le règne du roi Bourbon Charles III, dont les ingénieurs creusaient davantage pour trouver des statues que pour enrichir les connaissances. Les fouilles systématiques attendirent un siècle de plus.
Le résultat est la plus grande colonie romaine fouillée en continu au monde : environ 44 hectares mis au jour sur un total estimé à 66, avec environ un tiers toujours scellé sous des dépôts volcaniques. Cette incomplétude délibérée est une politique. Les conservateurs laissent les sols intacts car le matériel enterré se conserve mieux que le matériel exposé. Une excursion d'une journée de Rome à Pompéi et Positano traverse donc un site qui est à moitié archive, à moitié plaie ouverte — et l'entrée de la Porta Marina, sur la Via Villa dei Misteri, reste la même porte maritime qui donnait autrefois sur un rivage désormais éloigné de deux kilomètres.
Ce qui rend les fouilles singulières n'est pas leur ampleur, mais leur caractère ordinaire. Rome préserve les empereurs ; Pompéi préserve les boulangers. Trente-trois boulangeries ont été identifiées, leurs meules en pierre de lave toujours associées à des fours en briques. Des avis électoraux subsistent en peinture rouge sur les murs donnant sur la rue, soutenant des candidats qui ont perdu leur électorat en un seul après-midi. La Villa des Mystères abrite un cycle de fresques mégalographiques en rouge pompéien, aux figures presque grandeur nature, dont le sujet — probablement une initiation dionysiaque — fait encore l'objet de débats. La technique de moulage en plâtre de Giuseppe Fiorelli, conçue en 1863, a permis de combler les vides laissés par les corps décomposés et de redonner vie aux postures, aux gestes et aux plis des vêtements.
Au sud des ruines, la géologie change de registre. La crête calcaire de Sorrente plonge dans la mer Tyrrhénienne, et Positano empile ses maisons ocres et roses sur un dénivelé de 300 mètres. La ville fut un port de commerce de la République d'Amalfi, puis un village de pêcheurs, avant de devenir — après l'essai de John Steinbeck paru dans le Harper's Bazaar en 1953 — une destination touristique. L'église Santa Maria Assunta abrite une Vierge noire byzantine sous son dôme en majolique. L'UNESCO a inscrit la côte amalfitaine en 1997, ainsi que Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata la même année, faisant de ce duo un corridor unique du patrimoine mondial.
Les voyageurs qui demandent comment visiter Pompéi depuis Rome, ou s'il est possible de faire une excursion d'une journée de Rome à Positano, demandent en réalité si les 240 kilomètres de l'Autostrada del Sole peuvent contenir deux civilisations en une seule journée. C'est possible. Des excursions d'une journée bien organisées de Rome à Pompéi et Positano traitent la distance comme un récit plutôt que comme un obstacle : catastrophe volcanique d'abord, renouveau méditerranéen ensuite, avec le Vésuve visible au début et à la fin de la journée.